Le 25 juillet 1978, Louise Brown devenait le premier bébé au monde né d'une fécondation in vitro (FIV), un événement qui a discrètement changé à jamais le cours de la médecine reproductive. Près de cinquante ans plus tard, la Journée mondiale de la FIV est l'occasion de revenir sur les progrès accomplis par la science et de rendre hommage aux décennies de recherche et de persévérance qui ont transformé la FIV, d'une expérience controversée, en l'une des avancées médicales les plus importantes de l'ère moderne.

Ce qui a commencé par une seule naissance à Oldham, en Angleterre, est devenu l'une des techniques de procréation médicalement assistée les plus utilisées au monde. Rien qu'en 2023, près de 9 000 bébés sont nés grâce à la fécondation in vitro (FIV) au Canada, et plus de 13 millions de bébés sont nés par FIV dans le monde depuis 1978. Le processus consiste essentiellement à prélever des ovules matures, à les féconder en laboratoire et à transférer l'embryon ainsi obtenu dans l'utérus. L'évolution scientifique de chacune de ces étapes est remarquable.

Les premiers jours

Les premiers cycles de FIV étaient relativement simples comparés aux normes actuelles : un seul ovocyte était prélevé lors d’un cycle naturel, avec une seule chance de fécondation. La nouvelle se répandit rapidement et des cliniques commencèrent à ouvrir leurs portes partout dans le monde. Le Canada fut parmi les premiers : la première clinique canadienne ouvrit à Laval, au Québec, en 1980, et dès 1982, la clinique de l’Université de la Colombie-Britannique réussit la première grossesse et la première naissance par FIV au pays.

Étapes clés du laboratoire

La plupart des progrès les plus significatifs en matière de FIV ont été réalisés au laboratoire d'embryologie, où les scientifiques ont travaillé sans relâche pour comprendre comment favoriser le développement des embryons humains hors du corps. Parmi les avancées les plus importantes, on peut citer :

  •     Médias culturels améliorés : Les solutions nutritives qui soutiennent les embryons entre la fécondation et le transfert ont été de plus en plus perfectionnées au fil du temps, et dès 1998, ces formules améliorées ont permis de maintenir les embryons jusqu'au stade de blastocyste, ce qui a contribué à l'amélioration des taux d'implantation.
  •     Vitrification: Cette technique de congélation ultrarapide, devenue la norme clinique à partir de 2005, a transformé les transferts d'embryons congelés en minimisant les dommages causés aux embryons par les méthodes de congélation lente antérieures, permettant ainsi aux patientes de conserver des embryons en vue d'une utilisation ultérieure.
  •     Injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) : Introduite en 1992, l'ICSI consiste à injecter un seul spermatozoïde directement dans un ovule, rendant ainsi la fécondation possible dans les cas où elle ne se produit pas naturellement. Cette technique a ouvert de nouvelles perspectives à de nombreux patients qui disposaient auparavant de peu d'options.

Les tests génétiques changent la donne

Le diagnostic génétique préimplantatoire est l'une des évolutions les plus discutées de la FIV moderne, changeant ce que la FIV peut apporter aux patients :

  •     PGT-A (test génétique préimplantatoire pour l'aneuploïdie) : Décrite pour la première fois en 1993, la PGT-A permet de dépister les anomalies chromosomiques des embryons avant leur transfert, ce qui peut aider à orienter la sélection des embryons chez les patientes ayant subi des fausses couches à répétition, des échecs d'implantation répétés ou de multiples cycles infructueux.
  •     PGT-M (dépistage génétique préimplantatoire des maladies monogéniques) : Utilisé avec succès pour la première fois en 1990 afin d'aider un couple à éviter la transmission d'une maladie héréditaire, le DPI-M permet désormais de dépister les embryons pour des maladies héréditaires spécifiques, telles que la mucoviscidose, la drépanocytose et la maladie de Huntington, offrant ainsi aux familles concernées la possibilité de réduire le risque de transmission à la génération suivante. La Fondation Fertility Friends soutient les personnes ayant besoin du DPI-M. Fonds d'accès PGT-M.

La frontière de l'IA et de la technologie

L'évaluation embryonnaire reposait traditionnellement sur l'examen visuel des embryons au microscope par les embryologistes. L'imagerie en temps réel, introduite dans les laboratoires de FIV en 2009, a révolutionné cette pratique en permettant aux embryologistes de suivre le développement embryonnaire en continu, sans jamais les sortir de l'incubateur. Plus récemment, l'intelligence artificielle a également commencé à soutenir ce processus : depuis 2019, des algorithmes entraînés sur de vastes ensembles de données d'images et de résultats embryonnaires ont contribué à rendre l'évaluation embryonnaire plus objective. L'objectif n'est pas de remplacer les cliniciens et les embryologistes, acteurs clés de ce travail, mais de fournir de meilleurs outils d'aide à la décision.

Et après

Le prochain chapitre de la FIV est encore en train de s'écrire. Les chercheurs explorent actuellement de nouvelles pistes. in vitro La gamétogenèse, c'est-à-dire la possibilité de créer des ovules ou des spermatozoïdes à partir d'autres types de cellules comme les cellules de la peau ou du sang, pourrait un jour ouvrir de nouvelles perspectives de parentalité à un plus grand nombre de personnes. Les tests de réceptivité utérine gagnent également du terrain, car ils visent à déterminer si un transfert d'embryons programmé avec une plus grande précision, en fonction de la fenêtre d'implantation naturelle de chaque patiente, pourrait aider celles qui ont connu des échecs répétés malgré le transfert d'embryons viables. Le fil conducteur de toutes ces approches est la personnalisation : s'éloigner des protocoles standardisés et construire un traitement adapté à chaque patiente.

Conclusion

La FIV a parcouru un long chemin depuis la naissance de Louise Brown en 1978. Au Canada et partout dans le monde, plus de personnes que jamais fondent une famille grâce à cette technique, et la science continue de progresser. La Journée mondiale de la FIV est l’occasion de souligner non seulement les avancées technologiques, mais aussi le dévouement des chercheurs qui se sont attelés à la résolution de problèmes complexes, le perfectionnement constant des cliniciens dans leurs pratiques et le courage des patients qui ont affronté chaque cycle avec espoir et résilience. C’est cette combinaison qui nous a permis d’en arriver là et qui continuera de faire avancer le domaine. Si vous ou une personne de votre entourage suivez un traitement de fertilité, La Fondation des Amis de la Fertilité est là pour aider.

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