Nous sommes mariés depuis près de 20 ans et essayons de fonder une famille depuis plus de 10 ans. Au début, nous pensions qu'étant jeunes, nous aurions un enfant rapidement et facilement. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les tests de grossesse négatifs se sont succédé pendant des mois, puis des années. À l'époque, la FIV était hors de portée financièrement, alors nous avons continué d'essayer de concevoir naturellement. Nous avons suivi la courbe de température, utilisé des tests d'ovulation, bu du jus de grenade et essayé toutes les méthodes classiques lorsqu'on commence à s'inquiéter. Michelle avait beaucoup de mal à accepter que son corps la trahisse, et cela a eu un impact considérable sur son moral. 

Puis la COVID-19 a frappé et le monde entier s'est arrêté, ce qui a retardé notre accès à une clinique de fertilité et l'obtention d'une aide. Pendant cette période, Michelle a également découvert qu'elle avait des problèmes de santé qui rendraient une grossesse difficile et plus risquée. Ce fut un coup dur pour elle, car cela signifiait qu'elle ne pourrait pas porter un enfant. Elle avait besoin de temps pour faire son deuil, et nous en avions tous les deux besoin. Une fois prêts, nous avons commencé à explorer la possibilité d'une gestation pour autrui au Canada et nous nous sommes inscrits dans une clinique de fertilité spécialisée. Après en avoir discuté avec notre médecin, nous avons également opté pour le don d'ovocytes, car les hormones utilisées dans la FIV pouvaient potentiellement aggraver l'état de santé de Michelle. Le médecin était également convaincu que le don d'ovocytes nous offrait les meilleures chances de succès. 

La meilleure amie de Michelle s'est proposée de porter l'enfant pour nous et, enfin, on a cru que notre projet allait se concrétiser. On a commencé à économiser le moindre sou, car tout ce processus est extrêmement coûteux. Pendant qu'on mettait de l'argent de côté, on a appris que notre amie avait développé une maladie auto-immune, ce qui augmentait les risques pendant la grossesse. On a tous décidé que sa santé et sa vie étaient trop importantes et qu'elle endosserait désormais le rôle de tante attentionnée. Même si ça nous a brisé le cœur de devoir changer nos plans, c'était la meilleure décision à prendre. 

Nous avions l'impression de repartir de zéro et de devoir trouver une mère porteuse depuis le début. Nous avons fait des recherches, discuté avec de nombreuses agences de gestation pour autrui et avons finalement trouvé celle qui semblait correspondre à nos valeurs. Nous nous sommes donc inscrits auprès d'elle. Grâce à cette agence, nous avons rencontré une femme extraordinaire qui nous a choisis pour être ses parents d'intention. Nous prenons le temps de vraiment apprendre à nous connaître et de construire une relation basée sur la confiance, la communication et l'honnêteté. On nous a dit que parfois, le plus difficile dans un parcours de gestation pour autrui est de trouver une mère porteuse, et nous sommes tellement reconnaissants d'avoir rencontré une personne aussi formidable. 

Actuellement en plein parcours de procréation médicalement assistée, nous avons recours à une donneuse d'ovocytes pour créer des embryons et espérons procéder au transfert cet automne. Il nous a fallu de nombreuses années, des peines, des difficultés financières et des pertes pour enfin atteindre ce stade, mais au final, tout cela en vaudra la peine lorsque nous aurons enfin fondé notre petite famille. Pour nous, notre enfant en vaudra TOUJOURS la peine !